Journal de création de La Pire Espèce | Journal – 21 mai 2020
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02 Déc Journal – 21 mai 2020

Retour sur les notes du 5 février : L’adaptation

– Dans le cadre de l’étude réalisée à Vancouver en janvier/février 2020 –

Qu’est-ce que le cœur d’un texte?
Où se trouvent ses poumons s’il a un souffle?
L’essentiel est-il toujours dans le corps du texte?
Quelle attention accorder à l’entête et au pied de la page?
Où situe-t’on, au mois de mai, la vie dans un homard coupé en deux?

Ces interrogations d’ordre anatomique, mènent inéluctablement à une question embêtante : que doit-on ab-so-lu-ment conserver d’une œuvre lorsqu’on l’adapte? Il y a dans cette question de quoi provoquer des guerres d’écoles que je qualifierais, pour garder le ton, d’intestines. Étant pour ma part d’un tempérament modérément belliqueux, je laisserais la querelle à d’autres et proposerais plutôt l’analyse d’un cas de figure.

Vancouver 2020 – chantier #4 : L’hôtel Overlook par F. et acolytes
d’après « Le Shining » de Stephen King / Diane Johnson / Stanley Kubrick

Suite à une première approche du matériaux en 2017, le participant F. déclare : « il faut s’éloigner de l’histoire. »
Ce qui amène la participante L. à questionner : « de quoi se rapproche-t’on lorsqu’on s’éloigne de ce qui se raconte? »
On peut s’arrêter sur les personnages, leur faire vivre autre chose.
On peut s’intéresser à l’auteur, à ses raisons.
On peut également plonger dans le décor.
C’est cette dernière option qui a été retenue pour la phase de laboratoire 2020.

Deux éléments de décor reçoivent plus particulièrement l’attention du groupe : le miroir et le labyrinthe. Que sont-ils exactement? Ce ne sont pas tout à fait des objets, il me semble.

Ce sont des dispositifs renfermant un mécanisme non mécanique
des espaces dans lesquels l’espace est déjoué
des pièges optiques
des attractions foraines
des outils scientifiques ou policiers
– on sait le succès du miroir sans tain et du labyrinthe à souris.

Est-ce que ce seraient des figures mythiques?
J’aimerais dire que le labyrinthe est une créature mythique tout autant que le minotaure.
J’aimerais écrire ça quelque part un jour. Ça sonne bien.

Ce sont assurément des expériences fondamentales que nous avons suffisamment rencontrées pour en prévoir les conséquences : le dédoublement, le vertige, la perte de repères, la dissolution du sentiment de réalité.

Le miroir et le labyrinthe sont des pièges dont l’Hôtel Overlook regorge. Qui que nous soyons ou croyions être, tous ces dispositifs sont là pour nous corriger quand, avec Jack Terrance, nous avons la présomption d’affirmer : « Eh bien, je puis vous assurer, monsieur Ullman, que ça ne risque pas de m’arriver! »

 
– Jonathan Cusson, dramaturge et chercheur amateur en science des matériaux –

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