Journal de création de La Pire Espèce | L’Effet Hyde : le choix des médiums 2/2
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05 Mar L’Effet Hyde : le choix des médiums 2/2

À l’affiche du Théâtre Aux Écuries du 6 au 24 mars 2018 , Marcelle Hudon et Francis Monty recomposent L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde de Robert Louis Stevenson en fusionnant leurs médias théâtraux de prédilection : marionnettes, ombres, masques et musique en direct. Dans ce second entretien en coulisses, le tandem Hundon-Monty s’explique sur les médiums employés dans leur création. 

L’ombre, l’objet, le masque, la marionnette : pourquoi ces médiums?

Marcelle – Ça permet de décoller de la réalité brute, de ce qui se peut.

Francis – Ce sont les leviers de l’imaginaire qu’on va chercher. Il faut que le spectateur accepte la convention qui lui dit que ce masque-là, cette marionnette-là, cet objet-là, c’est le personnage. S’il n’a pas envie de jouer à ce jeu-là, il se lève et il quitte la salle.  Mais s’il décide de rester et de jouer avec nous, il accepte aussi tout ce que ça transporte comme angoisses, comme monstres, comme rêves, comme personnages plus grands que nature qu’on ne retrouve pas dans un théâtre plus réaliste.

Marcelle – Un acteur devant une petite marionnette par exemple, déjà ça parle, à cause de la différence d’échelle. Autre exemple : lorsqu’on voit un personnage seulement par l’ombre qu’il projette, il n’a même pas besoin de bouger que déjà, l’idée nous vient qu’on est de l’autre côté du miroir, ou en tous cas du côté de la noirceur. Le médium porte ses propres codes qui sont de l’ordre de la distance et du mystère.

Francis – Un exemple très simple : si tu prends un masque en relation avec deux mains et que tu leur fait suivre un mouvement de corps presque  crédible, le cerveau rétablit la logique corps-tête. Tout le monde comprend qu’il s’agit d’un personnage qui se déplace. Mais ça laisse un inconfort, une étrangeté…

Marcelle – … qui permet au cerveau d’inventer son récit. Le spectateur vit ses propres émotions parce qu’on ne les vit pas pour lui sur scène. Ce qu’il a devant lui, ce n’est pas une incarnation – un personnage en chaire et en os. On lui montre une combinaison d’éléments, de musique, d’images avec lesquelles il se fait son spectacle.

Francis – Dans Dr Jekyll et Mr Hyde, il est question du double. Dans un théâtre d’acteur, si tu veux représenter le double, ça va prendre un changement de costume ou un deuxième acteur. Et les gens vont comprendre l’idée. Mais si tu travailles avec un personnage et son ombre, deux ombres ou deux marionnettes différentes qui proviennent de la même chose, là il y a plus qu’une idée; il y a un réel double. Le spectateur est pris avec l’image. Il sait bien que ça ne se peut pas. Même s’il se dit peut-être « ça n’existe pas, on est dans le délire », il l’a vu pour vrai. Ce doute-là nous intéresse. Et c’est en plein ce que nous permettent les outils qu’on utilise.

 

Propos recueillis par Jonathan Cusson

L’EFFET HYDE
Présenté au Théâtre Aux Écuries du 6 au 24 mars 2018
La représentation du samedi 10 mars s’inscrit dans la programmation du Festival de Casteliers.

COPRODUCTION : Marcelle Hudon et le Théâtre de la Pire Espèce
TEXTE : Francis Monty, d’après L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde, de Robert Louis Stevenson
MISE EN SCÈNE : Marcelle Hudon et Francis Monty
MASQUES, MARIONNETTES ET SCÉNOGRAPHIE : Marcelle Hudon
INTERPRÉTATION : Bernard Falaise, Louis Hudon, Marcelle Hudon et Francis Monty
MUSIQUE : Bernard Falaise
COLLABORATION À LA CRÉATION : Louis Hudon
ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE : Marie-Claude D’Orazio
SECOND ASSISTANT À LA MISE EN SCÈNE : Jonathan Cusson
COLLABORATION À LA MISE EN SCÈNE : Olivier Ducas
CONCEPTION DES COSTUMES ET CONSEILS SCÉNOGRAPHIQUES : Julie Vallée-Léger
CONCEPTION DES LUMIÈRES : Thomas Godefroid
DIRECTION DE PRODUCTION ET TECHNIQUE : Clémence Doray
ACTEURS LORS DES ÉTAPES DE RECHERCHE : Étienne Blanchette et Anne Lalancette
STAGE À LA MISE EN SCÈNE : Joanie Fortin

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