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Publié le 3 déc 2014 - Dans : Documents interdits

Entrevue du troisième type

En juin dernier, pendant un laboratoire de création, Francis Monty et Olivier Ducas de la Pire Espèce ont rencontré Pierre Lefebvre au sujet de ce Futur intérieur en gestation.

 

Pierre Lefebvre : D’où vient cette envie de vous lancer dans la science-fiction?

Francis Monty : Futur intérieur émane d’abord d’une rencontre avec les gens de Bob Théâtre en France, dont nous avons toujours beaucoup apprécié le travail. C’est en discutant avec eux à propos d’un projet commun que la piste de la science-fiction est apparue. Dans le cadre d’un théâtre d’objets, la science-fiction est très stimulante. Le genre ouvre des possibilités infinies dans une approche comme celle de la Pire Espèce, contrairement à celle du théâtre traditionnel qui donne vite une impression de cinéma du pauvre. Le moindre objet peut devenir une navette spatiale, un appareil scientifique futuriste, une machine infernale extraterrestre. De plus, la manipulation d’objets rend bien le mouvement des corps et des choses en apesanteur. Les possibilités théâtrales et poétiques du genre sont vraiment inépuisables.

Olivier Ducas : La science-fiction, c’est souvent une série de variations sur les mêmes thèmes : le voyage spatial, la recherche de nouvelles planètes ou la rencontre de vies extraterrestres, le clonage, la créature monstrueuse, etc. Le travail a donc d’abord consisté à transformer en objet théâtral, c’est-à-dire en images nouvelles, stimulantes, envoûtantes, les aspects classiques de la science-fiction auxquels chacun de nous a été exposé des milliers de fois depuis l’enfance, au cinéma ou bien à la télévision. On a choisi d’y aller par fragments, afin de proposer aux spectateurs des situations. Le personnage, dans ce cadre, est important dans la mesure où il nous permet de voir comment une situation donnée agit sur lui. Quand notre équipage spatial découvre de la vie sur une autre planète, on n’explore pas nécessairement ce qui arrivera ensuite. Ce qui compte, c’est le moment de la découverte. Pas l’histoire qu’on peut en tirer. On a donc une suite de moments, de fragments, d’un voyage spatial, en ordre ou en désordre, et non un récit avec une amorce, un conflit puis une résolution.

F. M. : Le dernier retranchement de l’humain, c’est peut-être bien la poésie. Et Futur intérieur oscille toujours entre la science-fiction, la poésie et le clown. C’est le triangle de tension autour duquel s’élabore le spectacle.

O. D. : On aime varier le ton dans nos spectacles. Pour ma part, j’aime bien quand le spectateur est exposé à la fois au grotesque et au drame. La narration peut alors se moduler de différentes façons. Dans le show, par exemple, il y a la voix de l’ordinateur central, il y a aussi des voix off comme dans les documentaires sensationnalistes, bref, une multitude de points de vue nous permettant d’aborder les raisons objectives ou officielles du voyage spatial, mais aussi les raisons personnelles et irrationnelles d’une telle entreprise.

 

P.L. : Et quel est, justement, le but de cette entreprise?

F. M.: On n’est jamais bien certain du but de cette mission. À quoi servent ces astronautes? La Terre les a-t-elle oubliés? Depuis quand? Eux-mêmes s’interrogent sur le bien-fondé de leur présence dans l’espace, et ne sont plus bien certains, par moments, de jouer un rôle utile ou nécessaire au bien de l’humanité.
Et cette situation absurde – trois astronautes prénommés Bob qui s’aventurent le plus sérieusement du monde dans l’espace sans trop savoir pourquoi – provoque immanquablement l’hilarité. Avec ce «show spatial québécois», la Pire Espèce s’inspire des pratiques traditionnelles du théâtre populaire telles que le clown, la marionnette, l’objet, le cabaret et le conte, et mène ses recherches toujours plus loin vers l’infini et au-delà…

 

Publié le 3 déc 2014 - Dans : Documents interdits

Les autres clones

Avant de trouver la parfaite formule génétique de nos trois québéclonautes, plusieurs tentatives hasardeuses ont été menées. Voici les clones que vous ne verrez jamais.

Recherches menées par la brillante généticienne, Julie Vallée-Léger.
© Julie Vallée-Léger © Julie Vallée-Léger © Julie Vallée-Léger © Julie Vallée-Léger  © Julie Vallée-Léger© Julie Vallée-Léger

La sélection des québéclonautes est un dossier à ne pas prendre à la légère.

Le processus exige du temps et parfois même quelques manipulations génétiques… Ainsi partant d’une équipe originale de 4 heureux élus, un travail de fond a été mené pour uniformiser cet équipage atypique. En raison d’un premier  problème de synchronisation de fuseau horaire, deux des volontaires ont du être décalés de -6 GMT, permettant ainsi d’aligner tout le groupe sur la même longueur d’onde de communication (rouge bien entendu). Par la suite, une série de tests a révélé une faiblesse imparable chez deux des spécimens. Craignant de tout devoir recommencer à zéro, la décision a été prise de fusionner leur patrimoine génétique en un seul et même super-québéclonaute. De plus, c’est bien connu qu’un trio a beaucoup plus de chance de réussir, car c’est comme ça qu’on score ! (du moins si l’on en croit les fans du sport national de leur nation d’origine).

C’est ainsi que l’équipage a pu partir dans les meilleures conditions vers leur mission à la rencontre de l’autre (et d’eux-même…).

Équipe initiale

de g. à d. : Julien Mellano, Francis Monty, Olivier Ducas, Denis Athimon © Julie Vallée-Léger

de g. à d. : Julien Mellano, Francis Monty, Olivier Ducas, Denis Athimon © Julie Vallée-Léger

Équipe réformée

de g. à d. : Francis Monty. Olivier Ducas, Étienne Blanchette, Mathieu Gosselin © Julie Vallée-Léger

de g. à d. : Francis Monty. Olivier Ducas, Étienne Blanchette, Mathieu Gosselin © Julie Vallée-Léger

Équipe finale

de g. à d. : Alexandre Leroux, Étienne Blanchette, Mathieu Gosselin @ Mathieu Doyon

de g. à d. : Alexandre Leroux, Étienne Blanchette, Mathieu Gosselin @ Mathieu Doyon

Publié le 26 nov 2014 - Dans : Inspirations cosmiques

Les sons de l’espace

Écouter le décollage d’une fusée, les ondes radio de l’atmosphère terrestre, le son des éclairs sur Jupiter, les émissions radios de Saturne et même le code morse « HI » reçu depuis la terre, plongez dans l’espace sonore de l’univers… pour les reconnaître ensuite dans la bande sonore de Futur intérieur !

https://soundcloud.com/nasa

http://www.futurinterieur.fr

mais ils sont un peu dépassés.

158083futurantrieur

http://merveilleuxscientifiqueunblogfr.unblog.fr/page/9/

La naissance d’une affiche, c’est toujours un peu comme une création : beaucoup d’idées au départ pour n’en sélectionner que quelques-unes. Ça ne veut pas dire que les autres idées n’en valaient pas la peine ! Et Francis Gélinas, notre explorateur assigné pour cette mission, en avait plein de bonnes.

Qu’à cela ne tienne, elles ne sont pas perdues, puisqu’elles trouveront sûrement leur place dans les prochains projets de nos québéclonautes

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Affiche pour un parcours interactif au planétarium

Exposition de sérigraphies réalisées
en apesanteur
trois Screen Shot 2014-09-23 at 2.04.32 AM
Futur intérieur, la série TV
 
Futur intérieur, le film
 
Screen Shot 2014-09-27 at 5.13.33 PM
Cartes de visite des futurs
ambassadeurs québéclonautes
Document découvert dans une navette rescapée prophétisant que la prochaine météorite apportera enfin la preuve de la vie extraterrestre

 

Publié le 14 nov 2014 - Dans : Matières en exploration, Poèmes

Implosion!

Les décisions se meuvent molle en moi,
Le vent est fragile et rare
Mais la girouette vrille
Et le désastre se peint à l’aube

 

Je suis la foudre
Et je vais fendre l’irrationnel en oiseau de feu!
À coup de semonce, je vais ouvrir le grand vide béant
Du monstre lumière
On m’a donné l’électricité et je vais en abuser!

 

L’anomalie va se fendre, se fractionner
Et alors les formes vont prendre feu
Et les schémas anciens se révèleront !
Les mathématiques retrouveront leurs souplesses
Et retournerons à même nos chairs!

Publié le 14 nov 2014 - Dans : Matières en exploration, Poèmes

Haiku

Droit devant lui
S’étend le trou noir
Il cligne des yeux

 

Jour après jour
Refaire les mêmes gestes
Le trou noir

 

Noir profond
Où sommeille la lumière
Le passé

 

Il assiège
la porte de la station
le cosmos

 

Sur l’écran
Ton visage m’envahit
Pluie de météore

1

Personne ne connait précisément les dimensions de ce volume extravagant. La vérité c’est que le secret entourant sa construction fut si bien gardé, que même les ingénieurs et les architectes ayant travaillé sur ce projet ambitieux n’ont jamais été mis au courant de l’entièreté des dossiers et n’ont eût accès qu’à une partie réduite des devis techniques. Personne n’a jamais vu ce vaisseau de l’extérieur, certains affirment même qu’il n’existe que de l’intérieur et que ces dimensions seraient infinies. D’ailleurs, plusieurs ouvriers assignés à des travaux aux confins du volume, ne sont jamais retournés chez eux auprès de leur femmes et enfants. Se sont-ils perdus dans les entrailles inextricables du volume ou bien ont-ils été supprimé parce qu’ils en savaient trop?

 

2

La disparition subite de l’équipage et du volume la semaine dernière a donné un souffle nouveau aux rumeurs entourant cette mission top secrète. De récentes analyses du champ de variation de l’espace-temps font croire aux spécialistes que le volume ne se serait pas volatilisé, mais qu’il aurait rétréci d’une manière si spectaculaire, qu’il échapperait maintenant aux radars les plus performants. Quel est le but de cette transmigration auto morphique? Le volume aurait-il voulu fuir un danger imminent? Serait-ce un larcin attribuable à des saboteurs industriels de haut niveau? Ou tout simplement une manœuvre planifiée et orchestrée savamment par nos gouvernements afin de poursuivre le but réel de la mission qui serait l’exploration de l’infiniment petit et non de l’infiniment grand comme on nous l’avait laissé croire depuis le commencement?

 

3

Alors qu’il n’était qu’un tout petit volume, tétant encore l’huile laiteuse du sein de sa matrice, il savait déjà qu’il finirait la trajectoire de sa vie parmi les corps célestes. La poussière de l’usine lui faisait toussoter une fumée noire et dense, les routes d’asphalte le rendait triste et agressif, même ses timides envolées dans la stratosphère ne parvenait pas à le libérer de cette lourdeur incrustée dans les moindres replis de son fuselage. Oui, un jour, il se déploierait plus haut que les cieux terrestres, oui, il visiterait des endroits que le langage des hommes n’avaient pas encore nommés, oui.

Un spectacle produit par le Théâtre de la Pire Espèce et coproduit avec le Bob Théâtre (France) et le Théâtre de marionnette de Genève (Suisse)